Malocclusion fréquentes

L’occlusion et le développement dentaire

En dentisterie, l’occlusion désigne la manière dont les dents supérieures s’engrènent avec les dents inférieures. La taille des dents ainsi que leur développement sont prédéterminés, mais lorsque les dents font éruption en bouche, plusieurs facteurs peuvent influencer leur position :

1— Facteurs génétiques
La taille des dents varie d’une personne à l’autre; ex. La microdontie (dents très petites) ou la macrodontie (dents très grosses). La forme varie (ex : troisièmes molaires, latérales supérieures). L’endroit où les dents font éruption ainsi que le moment où elles le font peut varier. Certaines dents peuvent ne pas faire éruption (dent incluse) comme les canines. Les dents peuvent être manquantes de naissance (anondontie partielle ou complète) ou il peut y avoir des dents en trop (surnuméraires). Les supports osseux (maxillaire et mandibule) et leur rapport entre eux peuvent varier de la normalité.

2— Facteurs environnementaux
Les mauvaises habitudes telles que la respiration buccale, le suçage de pouce ainsi qu’une déglutition atypique peuvent avoir un effet sur l’occlusion ainsi que sur la position des mâchoires.

3— Pression musculaire
Lorsque les dents font éruption dans la bouche, la position qu’elles occuperont sera influencée non seulement par la position des autres dents de la même arcade, mais aussi par celle de l’arcade adjacente. Les dents sont affectées par la pression musculaire du visage (joues, lèvres et langue) et par la pression de la langue. Une fois que les causes environnementales ont été identifiées, nous pouvons les éliminer et utiliser la musculature à notre avantage pour rétablir une occlusion et une base osseuse plus naturelle.

Dimensions évaluées

On doit tenir compte du périmètre des arcades et des proportions du visage ainsi que l’esthétique lorsque les dimensions suivantes sont évaluées :

Overtjet (surplomb horizontal)
Le surplomb horizontal est la mesure horizontale (antéro-postérieure) de l’écart entre les dents du haut et les dents du bas. Il se peut que les dents du haut soient trop avancées par rapport aux dents du bas ou que les dents du bas soient sont trop reculées par rapport aux dents du haut. Il faut tenir compte que l’écart peut être dû à un défaut osseux. Les dents peuvent être bien positionnées sur leurs arcades, mais ce sont les mâchoires qui ne le sont pas.

Overbite (surplomb vertical)
Le surplomb vertical est la mesure verticale entre les dents du haut et les dents du bas. Il s’agit d’une surocclusion des dents supérieures qui recouvrent en partie ou totalement les dents du bas lorsque les dents sont en contact. Un surplomb vertical normal est d’environ 2-3 mm (ou approximativement 20 à 30 % de la hauteur des incisives inférieures).

Latérale
Il s’agit de la mesure latérale (largeur) des arcades dentaires et des mâchoires. C’est la mesure qui permet de déterminer si la largeur de la mâchoire est suffisante pour permettre une bonne occlusion dentaire. Elle est particulièrement importante pour l’esthétique du visage.

La classification d’Angle est basée sur la relation entre les premières molaires comme suit :

Classe I - Occlusion idéale

La relation est dite idéale lorsque les dents sont parfaitement placées sur les arcades dentaires et qu’elles et ont une relation anatomique normale l’une par rapport à l’autre. Lorsque les dents entrent en contact, la relation cuspide-fosse est considérée comme la relation anatomique la plus parfaite qui peut être atteinte.

Une occlusion idéale consiste en une ligne médiane centrée, aucun chevauchement dentaire, aucun écart entre les arcades, aucune rotation des dents ni d’espaces inter dentaire. L’angulation et l’inclinaison des couronnes doivent être parfaites et la relation entre les molaires également.

Classe II

Une malocclusion de type classe II est caractérisée par une dentition supérieure trop avancée par rapport à celle du bas ou une dentition inférieure trop reculée par rapport à celle du haut. On remarque un surplomb horizontal (overjet) important. Ce type de malocclusion se présente sous différentes formes :

  • les dents supérieures sont trop avancées;
  • les dents inférieures sont trop reculées;
  • la mâchoire du haut est trop avancée;
  • la mâchoire du bas est trop reculée;

En conclusion, ce type de malocclusion peut avoir une cause dentaire, une cause squelettique ou les deux. Fréquemment, une malocclusion de type classe II sera accompagnée d’un surplomb vertical (overbite) exagéré. Les dents inférieures entrent alors en contact avec le palais plutôt qu’avec les dents lors de la mastication.

Deux catégories de malocclusions classe II

Les malocclusions de type classe II sont subdivisées en deux catégories. La musculature du visage (joues, lèvres et langue) est responsable de la forme que prendra la malocclusion.

Classe II division 1

Une malocclusion de type classe II division I est souvent due à une mâchoire inférieure trop reculée par rapport à celle du haut. Comme il est mentionné plus haut, l’influence des tissus mous joue un rôle important pour déterminer la catégorie de malocclusion. Dans la division I, les lèvres sont particulièrement lâches et flasques ce qui crée une proéminence des dents antérieures. La lèvre inférieure se retrouve généralement derrière la dentition du haut ce qui pousse les dents du haut vers l’avant et les dents inférieures vers l’arrière. L’écart entre les mâchoires devient ainsi plus important que ce qu’il aurait dû être.

Classe II division II

Comme pour la division I, la mâchoire inférieure est trop reculée. Toutefois, l’influence des tissus mous aura été différente. À cause de la pression exagérée des muscles des joues et des lèvres, les dents antérieures de l’arcade supérieure adopteront une position différente. Elles seront inclinées vers le palais et, selon la hauteur des lèvres et la longueur des dents, il s’agira des quatre incisives ou seulement des deux centrales. Dans la majorité des cas, le surplomb vertical (overbite) est exagéré et les incisives centrales supérieures frôlent la gencive inférieure et le patient se mord dans le palais.

Un surplomb vertical exagéré peut être la cause d’usure de la gencive et de l’os apportant ainsi des problèmes parodontaux. Ces symptômes peuvent se présenter à n’importe quel âge.

Classe III

Une classe III se caractérise par une position trop avancée d’au moins ½ cuspide de la première molaire inférieure par rapport à la première supérieure. Les dents antérieures sont alors fréquemment en bout à bout ou en occlusion inversée.

Le diagnostic d’une telle malocclusion est très important. Nous devons déterminer si la malocclusion est d’origine dentaire ou squelettique.

Classe III d'origine dentaire

Les dents inférieures sont trop avancées par rapport aux dents supérieures ou les dents supérieures sont trop reculées par rapport aux dents inférieures. Dans de tels cas, la correction peut être faite en orthodontie seulement.

Classe III d'origine squelettique

Ce type de malocclusion peut également être causé par des mâchoires mal positionnées. Il peut s’agir d’un manque de croissance de la mâchoire supérieure ou une croissance exagérée de la mâchoire inférieure. Dans les deux cas, les dents inférieures fermeront devant les dents supérieures. Il y a trois options de traitement pour une classe III d’origine squelettique :

    • modification du patron de croissance;
    • compensation dento-alvéolaire (camouflage orthodontique);
    • la chirurgie orthognathique.

La modification du patron de croissance devrait être entreprise avant la poussée de croissance, à la puberté, car après cette poussée de croissance, seules les deux dernières options seront envisageables. Devant cette éventualité, l’orthodontiste devra déterminer si le patient est candidat ou non à la chirurgie.

Béance (Open Bite)

Une béance est une malocclusion qui se caractérise par l’absence de contact entre les dents du haut et celles du bas. Cette absence de contact peut ne concerner que les dents antérieures, que les dents postérieures ou être complète.

S’il y a une mauvaise habitude de suçage de pouce, la forme de la béance peut correspondre à la forme du pouce ou du doigt de l’enfant. À cause de l’occlusion insuffisante ainsi créée, l’enfant ne peut mordre correctement dans sa nourriture, ce qui peut causer des problèmes de digestion. La béance peut être également causée ou accompagnée d’une dysfonction de la langue appelée déglutition infantile. La langue ne devrait pas être placée entre les dents lors de la déglutition ni en position de repos.

Une béance a des conséquences importantes sur l’esthétique, ce qui peut entrainer un manque d’estime de soi chez l’enfant. Le patient peut développer un zézaiement qui peut être considéré comme mignon chez l’enfant, mais qui devient plus gênant à l’âge adulte. La béance peut causer des dommages permanents dans la croissance de l’os des mâchoires.

Occlusion croisée et constriction du palais

L’occlusion croisée est caractérisée par la relation inverse d’une ou de plusieurs dents. Les dents du haut fermeront à l’intérieur des dents du bas, ce qui est anormal. La mâchoire supérieure devrait être plus large que la mâchoire inférieure.

L’occlusion croisée peut être causée par une mauvaise position des dents sur l’arcade ou par un manque de développement du maxillaire supérieur (mâchoire trop étroite). Des facteurs aggravants tels le suçage de pouce, la respiration buccale et une mauvaise déglutition contribuent à la déformation du palais. Cette malocclusion ne peut se corriger d’elle-même et nécessite une intervention.

Occlusion croisée antérieure

Nous parlons d’occlusion croisée dentaire plutôt que squelettique lorsqu’une ou plusieurs dents sont en occlusion croisée. Les dents antérieures sont souvent les dents concernées. Une occlusion croisée squelettique implique que le palais est trop étroit.